
À propos
de PERRIER Guitars
La guitare comme outil d’expression
Perrier Guitars
Perrier Guitars est un atelier de lutherie installé à Éméville, dans l’Oise, aux abords de la forêt de Retz.
Je suis Juluan Perrier, luthier et fondateur de l’atelier.
Mon activité est principalement orientée vers la guitare électrique : réparation, entretien, réglage, modification, électronique, conception et fabrication. J’interviens également, selon les travaux, sur les guitares acoustiques et classiques.
Ma pratique de la lutherie remonte au début des années 2000. Perrier Guitars en est aujourd’hui la continuité professionnelle : un atelier à taille humaine, construit autour d’une approche technique de l’instrument, d’une relation transparente avec le musicien et d’une exigence constante dans l’exécution.
Du bois à la guitare
J’ai probablement aimé le bois avant d’aimer la lutherie.
Mon père étant menuisier-ébéniste, j’ai grandi avec une certaine proximité avec le travail du bois et les possibilités qu’offre cette matière.
La guitare est arrivée plus tard, assez simplement, quelques copains, de la musique pratiquée en amateur et des instruments qu’il fallait entretenir ou bricoler. Étant plutôt dégourdi de mes mains, je suis naturellement devenu celui qui mettait les mains dans les guitares des autres.
Puis, à force de démonter, d’observer et de chercher à comprendre, je suis tombé amoureux de l’instrument lui-même.
La guitare électrique m’a particulièrement fasciné par tout ce qu’elle rassemble dans un même objet, le travail du bois, la mécanique, l’électronique, l’acoustique, l’ergonomie, mais aussi le dessin et l’expression artistique.
Autour de 2004, je me suis lancé dans la fabrication de ma première guitare électrique. Je partais alors avec énormément de choses à apprendre.
Ce premier projet a ouvert la porte d’un domaine que je n’ai, depuis, jamais vraiment cessé d’explorer.
Comprendre avant de faire
Mon parcours en lutherie est principalement autodidacte. Depuis 2004, il s’est construit au fil des ouvrages lus, relus et régulièrement consultés, de formations techniques, de l’observation, de l’expérimentation et des échanges avec d’autres personnes du métier.
La lutherie m’accompagne ainsi depuis plus de vingt ans. Ce parcours s’est construit sur la durée, avec des périodes d’activité différentes, avant de prendre aujourd’hui sa forme professionnelle avec Perrier Guitars.
Au fil des années, cette manière d’apprendre par l’observation, la pratique et la recherche a naturellement façonné ma façon d’aborder le métier. Elle m’a surtout appris à ne pas considérer une méthode comme acquise simplement parce qu’elle est connue ou largement utilisée.
Je cherche à comprendre ce que je fais, pourquoi je le fais et dans quel contexte une technique est pertinente. Une pratique courante n’est pas nécessairement la meilleure pour un instrument donné; à l’inverse, une idée inhabituelle mérite parfois d’être étudiée plutôt qu’écartée par principe.
Observer, analyser, comparer, expérimenter et remettre en question mes propres certitudes font partie de ma manière de travailler.
La lutherie est un domaine suffisamment vaste pour exiger de continuer à confronter ses connaissances à la pratique et à la documentation. Lorsqu’une intervention nécessite de vérifier une donnée, de reprendre une référence technique ou d’approfondir un sujet, cette vérification fait simplement partie du travail.
L’instrument au centre du dialogue
Confier une guitare à un luthier n’est pas toujours anodin.
Un instrument peut valoir quelques centaines ou plusieurs milliers d’euros. Il peut être récent, ancien, rare ou parfaitement ordinaire. Mais sa valeur la plus importante n’est parfois inscrite sur aucune cote, c’est celle que lui donne son propriétaire.
C’est pourquoi j’accorde une place importante au dialogue avant toute intervention.
Lorsqu’un musicien vient pour un réglage, l’une de mes premières questions est simplement :
« Qu’est-ce qui te pose problème sur ton instrument ? »
Parce qu’avant de chercher une valeur théorique parfaite sur un établi, il faut comprendre ce que le musicien ressent, ce qu’il attend de sa guitare et dans quelle direction il souhaite aller.
Mon rôle est ensuite d’observer, de diagnostiquer et de proposer. J’explique les différentes solutions, leurs intérêts, leur coût et leurs éventuelles limites. Lorsqu’une incertitude existe, elle fait partie de la discussion plutôt que d’être masquée derrière une promesse de résultat.
La décision finale reste celle du propriétaire.
Je ne cherche pas à multiplier les interventions lorsqu’elles ne sont pas nécessaires. À l’inverse, si un musicien décide d’investir dans un instrument dont la valeur marchande est modeste parce qu’il y est profondément attaché ou parce qu’il poursuit un objectif précis, cette dimension doit également être prise en compte.
Sur un instrument ancien, rare ou de grande valeur, la réflexion peut être différente. Tout ce qui est techniquement réalisable n’est pas nécessairement souhaitable. Une réparation trop invasive ou une modification irréversible peut altérer son histoire, son identité ou sa valeur.
Parfois, bien travailler sur un instrument consiste aussi à savoir jusqu’où ne pas aller.
Une exigence qui ne dépend pas du prix de l’instrument
La valeur d’une guitare influence la réflexion qui précède une intervention. Elle ne change pas le niveau d’exigence apporté à son exécution.
Une opération décidée doit être réalisée avec le même sérieux sur un instrument abordable que sur une guitare de grande valeur.
Lorsqu’il est possible d’aller plus loin dans la qualité d’une intervention, je préfère prendre le temps nécessaire plutôt que de considérer qu’un résultat simplement acceptable suffit.
Perrier Guitars partage aujourd’hui mon temps professionnel avec une autre activité. Cette organisation limite nécessairement mes disponibilités à l’atelier et peut avoir une incidence sur les délais, que je préfère annoncer avec réalisme dès le départ.
Elle me donne aussi une indépendance à laquelle je tiens dans ma pratique de la lutherie, je ne suis pas contraint d’organiser l’atelier autour d’un impératif de volume et peux privilégier la qualité et la pertinence des interventions réalisées.
Une intervention peut ainsi être refusée lorsqu’elle ne me paraît pas pertinente pour l’instrument ou lorsque les conditions ne permettent pas d’obtenir un résultat que je considère satisfaisant.
Je travaille principalement sur rendez-vous et préfère consacrer à un instrument le temps que son diagnostic et son intervention nécessitent plutôt que de précipiter un travail pour tenir une échéance artificielle.
Enfin, lorsque la nature même d’une réparation impose certaines limites — esthétiques, techniques ou structurelles — celles-ci sont expliquées avant l’intervention plutôt que dissimulées derrière une promesse impossible à tenir.
La confiance commence aussi par là.
Réparer, modifier, adapter
L’activité de l’atelier couvre une grande partie des besoins liés à la guitare, réglages et entretien, réparations, électronique, modifications et adaptation de l’instrument au musicien, ainsi que conception et fabrication.
Certaines interventions trouvent leur solution rapidement. D’autres demandent davantage d’analyse, comprendre l’origine d’un problème, envisager plusieurs approches ou concevoir une réponse adaptée à une demande particulière. C’est également le cas en électronique, lorsqu’un câblage sort des configurations habituelles ou nécessite de développer une solution spécifique.
Chaque situation amène ses propres contraintes. La grande majorité des problèmes rencontrés sur une guitare peuvent être expliqués et corrigés. D’autres sont plus surprenants et trouvent parfois leur origine dans la conception même de l’instrument. Il n’existe alors pas toujours de solution raisonnable sans modifier profondément ce qu’il est.
Cela ne m’empêche pas de chercher.
Comprendre pourquoi, envisager plusieurs approches, adapter, ajuster, réparer, créer et fabriquer. Cette diversité est l’une des dimensions essentielles de ma pratique de la lutherie.
Créer des guitares Perrier
La fabrication constitue une part essentielle de l’identité de Perrier Guitars.
Ma conception de la guitare de luthier n’est pas de reproduire presque à l’identique une Stratocaster, une Telecaster, une Les Paul ou un autre modèle emblématique pour simplement remplacer le nom inscrit sur la tête.
Ces instruments possèdent déjà leur histoire et leur identité.
Si une guitare porte le nom Perrier, ce nom doit avoir une raison d’être.
Les créations Perrier peuvent naturellement puiser leur inspiration dans l’histoire de la guitare électrique, mais elles doivent développer une identité suffisamment affirmée pour être reconnues par leur design, leurs proportions, leurs détails et leur conception.
Je recherche l’originalité, mais pas l’excentricité gratuite, des lignes harmonieuses, une conception cohérente, un instrument efficace et équilibré. Lorsqu’une tradition sert cette cohérence, elle a toute sa place. Lorsqu’elle la limite inutilement, elle peut être remise en question.
Les moyens technologiques modernes trouvent naturellement leur place dans cette démarche lorsqu’ils permettent d’aller plus loin.
Je ne les considère pas comme des substituts au travail artisanal, mais comme des outils supplémentaires au service de la conception. Le numérique permet notamment d’explorer certaines géométries, des assemblages complexes ou des niveaux de précision qui seraient difficilement accessibles de la même manière avec les seuls outils traditionnels.
Il ne s’agit pas simplement d’automatiser une forme connue pour la reproduire plus rapidement. Ces moyens prennent surtout leur sens lorsqu’ils ouvrent de nouvelles possibilités : travailler en plusieurs étapes, associer usinages et collages intermédiaires, développer des formes complexes ou pousser plus loin certains détails.
Ils s’intègrent à un travail où les outils traditionnels, le geste, la connaissance du bois et les opérations manuelles conservent naturellement leur place.
La technologie reste un outil. L’intention, le dessin, les choix et le savoir-faire restent ceux du luthier.
L’outil doit servir l’instrument, et non dicter la manière de le concevoir.
C’est dans cette rencontre entre conception, travail manuel et précision contemporaine que s’inscrit l’identité des guitares Perrier.
Choisir le bois pour l’instrument
Le bois conserve naturellement une place particulière dans ma façon d’aborder la fabrication.
J’utilise notamment des essences locales dont je dispose à l’atelier et que je peux sélectionner et travailler selon les besoins de chaque projet.
Le choix d’un bois n’est jamais uniquement esthétique. Sa masse, sa rigidité, sa stabilité, ses propriétés mécaniques, la disposition de ses fibres et son comportement vibratoire participent tous à la réflexion.
Sur une guitare électrique, cette réflexion n’est pas la même que sur un instrument acoustique. La caisse n’a pas à assurer directement le rôle de projection sonore, mais les matériaux et la structure participent néanmoins au comportement mécanique et vibratoire de l’ensemble, et donc à la manière dont la vibration des cordes évolue.
La sélection et l’association des bois participent ainsi au comportement recherché pour l’instrument, tout en tenant compte des contraintes mécaniques auxquelles ils seront soumis et de leur capacité à bien vieillir.
Cette approche laisse également une certaine liberté pour explorer des essences moins conventionnelles. Plutôt que de se limiter à une liste de bois traditionnellement considérés comme « de lutherie », je préfère considérer les propriétés d’une essence et la fonction qu’elle devra réellement remplir dans la construction.
L’esthétique reste évidemment importante. J’apprécie les bois spectaculaires et fortement figurés, mais je ne veux pas qu’une guitare Perrier doive toute sa personnalité à une magnifique pièce de bois.
Je préfère que l’on remarque d’abord l’instrument : ses lignes, ses proportions, ses détails, sa conception et la qualité de sa réalisation.
Le bois doit participer à son identité, mécaniquement, acoustiquement et esthétiquement — pas la résumer à lui seul.
Perrier
Avant la création officielle de Perrier Guitars, j’utilisais pour mes projets le nom Retzwood Guitars, en référence à la forêt de Retz qui entoure l’atelier.
Lorsque j’ai décidé de donner un cadre professionnel à cette activité, j’ai finalement choisi d’abandonner ce nom pour le mien.
PERRIER
Ce choix traduit quelque chose d’important : assumer personnellement ce que je fabrique et construire une identité attachée à ce nom.
L’objectif de Perrier Guitars dans la fabrication est de produire des instruments à l’identité affirmée, reconnus pour la qualité de leur conception et de leur réalisation, leur caractère et leur capacité à traverser le temps.
Un instrument est fait pour être joué, mais sa vie ne s’arrête ni à sa sortie de l’atelier, ni à son premier propriétaire. Il peut évoluer, être entretenu, réparé, transmis et accumuler sa propre histoire.
C’est cette notion de durée qui m’intéresse particulièrement.
Concevoir un instrument, c’est aussi accepter qu’il puisse un jour continuer son histoire sans celui qui l’a fabriqué.
C’est également ce qui donne du sens au choix de mon propre nom pour l’atelier. Au-delà de chaque réalisation prise individuellement, mon travail vise à construire une identité Perrier : une signature qui repose d’abord sur la qualité du travail, la conception et la personnalité des instruments.
Et si un jour l’un de mes fils choisissait à son tour de prendre place à l’établi, de s’approprier ce savoir-faire et de prolonger cette histoire à sa manière, ce serait probablement l’une des plus belles formes de transmission que je puisse imaginer.
Car pour moi, une guitare reste avant tout un passionnant et magnifique outil d’expression.
Pour celui qui la joue, bien sûr.
Mais aussi pour celui qui la crée.
